Calcul du bonus : Comment est-il réellement déterminé ?

5 %. C’est la baisse automatique que chaque conducteur reçoit, année après année, à condition de n’avoir causé aucun accident responsable. À la moindre faute, la sanction tombe : +25 % sur le coefficient, sauf si une exonération, rarement mentionnée dans les contrats, s’applique. Cette mécanique, souvent méconnue, façonne le tarif de l’assurance auto bien plus qu’on l’imagine.

La loi encadre strictement les règles du bonus-malus, mais la réalité réserve parfois des nuances. Selon la nature des accidents et le profil du conducteur, certaines compagnies adaptent leur manière de rétablir le bonus initial après une période sans accroc. Entre réglementation et pratiques internes, le retour à un coefficient favorable peut varier d’un assureur à l’autre.

Le bonus-malus en assurance auto : comprendre la logique derrière le système

En France, le bonus-malus est le socle de l’assurance auto. C’est ce qui ajuste chaque année le montant de la prime selon la conduite de l’assuré. Le principe est simple : conduire sans accident responsable permet au bonus de progresser, et la facture d’assurance diminue. En cas d’accident responsable, le malus vient alourdir la note. Ce système de coefficient de réduction-majoration (CRM) obéit à des règles définies par le code des assurances.

La quasi-totalité des véhicules terrestres à moteur (voitures, utilitaires légers) sont concernés. Sont exclus les modèles de collection, agricoles, forestiers, de travaux publics ou d’intérêt général. Les deux-roues ou trois-roues sous 11 kW ou 125 cm³ passent aussi entre les mailles du filet. Résultat : une voiture standard ou un utilitaire léger sera toujours soumis à ce mode de calcul.

Chaque année, le CRM est recalculé à la date anniversaire du contrat. Sans accident responsable, le coefficient baisse de 5 %, jusqu’à atteindre 0,50. Un accident responsable ? +25 %. Si la responsabilité est partagée, la hausse se limite à 12,5 %. Les sinistres sans responsabilité, les vols ou bris de glace n’influencent pas le CRM. L’assureur envoie chaque année un relevé d’information qui détaille ces évolutions.

Pour bien saisir les règles du bonus-malus, gardons en tête quelques points précis :

  • Le bonus-malus s’applique au véhicule assuré, et non à la personne qui conduit.
  • Changer d’assureur ? Le coefficient suit le conducteur, mais il n’est pas transférable d’un véhicule à l’autre pour plusieurs contrats.
  • Les assureurs n’ont pas la liberté de modifier à leur guise le système du bonus-malus : tout est dicté par le code des assurances.

Comment le coefficient de bonus ou de malus est-il réellement calculé ?

Le calcul du coefficient de réduction-majoration (CRM) s’appuie sur une base unique : 1,00. Lors de la souscription à un contrat d’assurance auto, ce coefficient s’applique automatiquement. Chaque année, l’assureur le réévalue selon les sinistres survenus.

Sans sinistre responsable sur douze mois, le coefficient baisse immédiatement de 5 %. Après un an sans accident, il passe à 0,95. Cette réduction s’enchaîne année après année, jusqu’à atteindre 0,50 pour les conducteurs sans incident sur treize ans. À l’inverse, un accident responsable majore le CRM de 25 %, et 12,5 % si la responsabilité est partagée. Vols, bris de glace ou incendies restent sans effet sur le calcul du bonus-malus.

Voici les seuils à retenir pour le CRM :

  • Le CRM ne peut pas descendre sous 0,50.
  • Il ne peut pas dépasser 3,50.
  • Après deux années consécutives sans accident responsable, tout malus s’efface et le coefficient revient à 1.

Le relevé d’information annuel, envoyé par l’assureur, reprend le coefficient bonus-malus et l’historique des sinistres. Ce document sert de référence lors d’un changement d’assurance.

Exemples concrets et outils pour estimer son propre bonus-malus

Chaque année, l’assuré reçoit un relevé d’information de la part de son assureur. Ce document récapitule l’historique des sinistres, le niveau de responsabilité et le coefficient de réduction-majoration (CRM) en vigueur à la date d’échéance. Pour illustrer la mécanique du bonus-malus, quelques situations concrètes s’imposent :

  • Première année d’assurance auto : l’assuré démarre avec un coefficient de 1.
  • Après trois ans sans sinistre responsable, le CRM atteint 0,86. La prime de référence est alors multipliée par 0,86.
  • Si un accident responsable survient la quatrième année, le CRM est majoré de 25 % et grimpe à 1,08. Le montant de la prime repart à la hausse.

Le bonus-malus assurance reste rattaché à l’assuré lui-même, pas au véhicule. En cas de changement de voiture ou d’assureur, le coefficient suit le conducteur. Ce système fonctionne comme une fiche de parcours, transférable entre contrats grâce au relevé d’information.

Pour anticiper l’évolution de votre bonus-malus, de nombreux simulateurs en ligne existent. Disponibles sur les sites des compagnies, ces outils intègrent votre historique de sinistres et la date de souscription pour calculer votre CRM et prévoir l’évolution de votre prime d’assurance auto.

Rappelons-le : certains véhicules échappent au bonus-malus. C’est le cas des deux-roues de moins de 125 cm³, des véhicules agricoles, de collection ou d’intérêt général, conformément au code des assurances.

Jeune femme pointant un graphique dans une salle de réunion

Conséquences financières : quel impact sur le coût de votre assurance auto ?

Le système du bonus-malus agit directement sur la prime d’assurance payée chaque année. Tout commence par une base : la prime de référence, fixée par l’assureur selon le profil du conducteur et le véhicule. Le coefficient de réduction-majoration (CRM) s’applique ensuite pour ajuster le montant à la hausse ou à la baisse.

Avec un CRM de 0,50, atteint après treize ans sans sinistre responsable, la prime de référence est divisée par deux. En cas d’accident responsable, le coefficient augmente de 25 %. Deux accidents la même année ? La prime grimpe de 56,25 %. Ici, pas de hasard : chaque accident se traduit par une majoration ou une réduction, sans intermédiaire.

Pour les jeunes conducteurs, le démarrage est plus corsé. L’arrivée dans l’univers de l’assurance s’accompagne d’une surprime qui double la prime la première année, quelle que soit la situation du bonus-malus. Cette augmentation s’atténue chaque année sans accident, jusqu’à disparaître. Le bonus-malus, lui, continue d’évoluer selon les sinistres responsables ou non.

Ce dispositif façonne les habitudes de conduite. Il récompense la prudence, sanctionne la prise de risque, et concerne la plupart des véhicules particuliers et utilitaires légers. D’année en année, surveiller son CRM revient à garder un œil sur son pouvoir d’achat et son comportement au volant. Rester vigilant, c’est garder la main sur sa facture, et sur sa réputation d’assuré.

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